IRAK : Saddam exécuté d’une manière “totalement inacceptable” selon Gordon Brown

Le probable successeur de Tony Blair au poste de Premier ministre britannique, l’actuel ministre des Finances Gordon Brown, a condamné la façon dont a été exécuté Saddam Hussein, la qualifiant de “déplorable” et “totalement inacceptable”. M. Brown a également reconnu que des erreurs avaient été commises dans la gestion de l’après-guerre en Irak et suggéré qu’à l’avenir la “bataille pour les coeurs et les esprits” devrait être au moins aussi importante que l’action militaire. M. Brown a estimé que l’exécution de Saddam Hussein avait été “une déplorable suite d’événements”. Sa position contraste avec le silence total dans lequel Tony Blair s’est réfugié sur cette question et qui a généré des critiques jusqu’au sein du parti travailliste. Evoquant les injures qui ont précédé l’exécution de l’ancien président irakien et les images de sa pendaison, filmées avec un téléphone portable, puis diffusées sur internet, M. Brown a jugé que “cela n’avait rien fait pour réduire les tensions entre communautés chiite et sunnite”. “Même les gens qui, contrairement à moi, sont favorables à la peine capitale trouvent cela totalement inacceptable, et je suis heureux qu’une enquête ait été ouverte (par les autorités irakiennes), et j’espère que des leçons seront tirées dans ce domaine, comme nous avons appris d’autres leçons sur l’Irak”, a-t-il précisé. M. Brown est à ce jour le plus important membre du gouvernement à avoir protesté contre les modalités de l’exécution de Saddam Hussein. Avant lui, le vice-Premier ministre John Prescott avait employé les mêmes termes de “déplorable” et “totalement inacceptable”. Bien que pressé de questions par les journalistes, Tony Blair n’a toujours pas dit un mot, ni sur la pendaison, le 30 décembre, de Saddam Hussein, ni sur ses modalités. Il a cependant prévenu qu’il s’exprimerait cette semaine sur le sujet. M. Brown a aussi admis que des leçons devaient être tirées de la manière dont a été gérée la situation en Irak, depuis que le président américain George W. Bush avait déclaré la fin des opérations militaires le 2 mai 2003. Le chancelier de l’Echiquier, qui a affirmé ne pas se dédouaner de sa responsabilité en tant que membre du gouvernement, a notamment estimé que l’autorité aurait dû être rendue aux Irakiens “bien plus tôt”. Il a aussi jugé que “si vous pouvez réussir beaucoup par l’action militaire, et le travail de police, de renseignement et de sécurité”, la lutte contre le terrorisme ne pourra pas être gagnée si n’est pas menée aussi la “bataille pour les coeurs et les esprits”. Il a aussi fermement souligné que la Grande-Bretagne, principal allié des Etats-Unis en Irak, n’enverrait pas de nouvelles troupes dans le pays, une éventualité qu’étudie de son côté George W. Bush, selon la presse américaine. “Je crois qu’il est juste de dire que d’ici la fin de l’année, il pourrait y avoir des milliers (de soldats britanniques) en moins en Irak”, a déclaré M. Brown. Le Royaume-Uni a annoncé qu’il voulait commencer à retirer ses troupes au début 2007 et se fixait pour objectif de maintenir quelque “milliers” de soldats en moins en Irak à la fin de l’année. Près de 7.100 soldats britanniques sont actuellement déployés en Irak, principalement dans la province majoritairement chiite de Bassorah (sud), où ils sont presque quotidiennement la cible d’actes de violences.

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