ABKHAZIE : LES RAISONS DU CONFLIT, LA RÉALITÉ ACTUELLE ET LES PERSPECTIVES D’AVENIR

Rencontre avec  Shota MALASHKHIA , Député, Président de la Commission parlementaire traitant des questions d’intégri territoriale  et   Isabelle CHANEL , directeur d’Europe Orient

 

INFORMATION GÉNÉRALE SUR LABKHAZIE

 

Surface : 8 700 km2 (12,5% du territoire géorgien)

Selon  les  données  de  1989,  526 800  personnes habitaient  de manière permanente sur  le territoire de la République Autonome d’Abkhazie (9,7% de la population de Géorgie).

  •  Géorgien 239.3 mille (45.6%)
  •  Abkhaze 93.3 mille (17.7%)
  • Arménien 76.5 mille (14.6%)
  •  Russe 74.9 mille (14.3%)
  • Grec 14.7 mille (2.8%)
  • Ukrainien 11.6 mille (2.2%)
  • Biélorusse 2.1 mille (0.4%)
  • Juif 1.7 mille (0.3%)
  • Ossète 1.2 mille (0.2%), Tatare 1.1 mille (0.2%)
  • Azerbaidjanais 571 (0.1%).

Avant  le  conflit  40 000  familles  mixtes  géorgiano–abkhazes  ont  é  enregistrées  sur  ce territoire.

En 1998 (selon les données de la mission de l’ONU) jusqu’à 200 mille personnes habitaient sur le territoire de l’Abkhazie.

En 1992-1993, plus de 14 000 personnes sont mortes pendant la guerre.

En 1993, suite à la purification ethnique, effecte contre les géorgiens, 350 000 personnes ont é obligées de quitter leurs maisons et sont devenues  des réfugs.

 LES FORCES DE PAIX

Au cours des années 1993-1994, à la fin des actions militaires (1992-1993), plusieurs cas de violations des droits de l’homme ont é constatés dans la zone du conflit, cependant il est  noter qu’après l’introduction du contingent de paix  russe ces violations ont pris de l’ampleur et se poursuivent encore aujourd’hui.

Avec  la  médiation  de  la  Fédération  Russe,  le  14  mai  1994,  les  parties  géorgienne  et abkhaze ont signé un accord sur « le cessez-le-feu et la séparation des forces ». Le 24 juin 1994 les forces de paix de CEI sont entrées dans la zone de conflit (1600 soldats avec leur armement).

 

LE KOSOVO, UNE FAUSSE SIMILARITÉ

Depuis  la  reconnaissance  de  l’indépendance  du  Kosovo,  la  partie  russe  fait  un  parallèle entre la reconnaissance  de cette indépendance et la question abkhaze. Cette comparaison est  infondée.  Au  Kosovo,  le  régime  Milosevitch  a  pertré  le  génocide  des  populations Albanaises.   Ce   fait   a   é   reconnu   par   l’ONU,   l’OSCE   et   d’autres   organisations internationales.  La  reconnaissance  de  l’indépendance  du  Kosovo  par  l’Occident  est  une forme de contrepartie du génocide des Albanais. En Abkhazie la situation est tout autre, la purification  ethnique  a  é  effecte  à  l’encontre  des  Géorgiens  (ce  fait  est  confirmé  aux sommets de l’OSCE à Budapest en1994, à Lisbonne en 1996 et à Istanbul en 1999). Ainsi, la  reconnaissance  de  l’indépendance  de  l’Abkhazie  serait  un  encouragement  du  régime organisateur de la purification ethnique et non pas le soutien des victimes de cette même purification ethnique. Au cours du 20ème scle, les Albanais constituaient la majori de la population du Kosovo (selon le recensement de 1924 64%, selon le recensement de 1991 82%). D’après les données de l’ONU, suite au génocide et la purification ethnique organisée par le régime de Milosevitch, au début de 1991, 850 000 Albanais du Kosovo ont é obligés de quitter leurs maisons et sont devenus réfugs. La même année après l’intervention active de l’OTAN et de  l’ONU  la  purification  ethnique  a  é  arrêtée.  Sur  ce  territoire  l’ONU  s’est  enga  à effectuer le rôle du gouvernement provisoire, les troupes de l’OTAN ont créé les garanties de sécuri pour le retour des réfugs albanais (en deux semaines 400 000 réfugs sont retours  chez  eux  et  actuellement,  90%  de  la  population  du  Kosovo  est  consite d’Albanais).  C’est  après  le  retour  de  la  grande  majori  de  réfugs,  en  2004,  sous  le contrôle   de   l’ONU,   que   se   sont   roulées   au   Kosovo,   les   élections   gislatives   et présidentielles,  suivies  du  référendum  concernant  l’indépendance.  Le  28  février  2008  le Kosovo clarait son indépendance.

Dans le même temps, la purification ethnique en Abkhazie, a conduit 60% de la population, en  majori  des  géorgiens  (240 000  géorgiens)  a  fuir  et  conserve  jusqu’à   aujourd’hui  le statut de réfug. Seulement 312 géorgiens sont retours sous l’égide de l’ONU. Ainsi, la solidari envers l’indépendance du Kosovo signifie le soutien aux victimes (de leur sécurité) de la purification ethnique, à l’inverse les partisans de l’indépendance de l’Abkhazie vont soutenir les organisateurs de la purification ethnique.

 LES EFFETS DU NETTOYAGE ETHNIQUE

             

Regardons par exemple les effets de ce nettoyage ethnique dans le système éducatif. En  1991,  avant  le  conflit  en  Abkhazie,  313  établissements  d’enseignement  secondaire fonctionnaient en Abkhazie. Parmi eux il y avait 122 écoles géorgiennes, 52 abkhazes, 38  russes,  42    arméniennes  et  56  écoles  mixtes.  Il  y  avait,  également,  5  établissements d’enseignement supérieur. Selon  les  données  actuelles  il  y  a,  en  Abkhazie,  175  écoles  secondaires,  dont  121  sont abkhases,  39    arméniennes,  15    russes  et  seulement  9  écoles  géorgiennes  danquelques villages de la région de Gali, mais la plupart ont é pillées et truites. Il n’y a plus que deux établissements d’enseignement supérieur qui sont de fait des filiales d’écoles supérieures russes. L’anomalie d’une telle situation est d’autant plus évidente si nous prenons en considération l’histoire de plusieurs scles de coopération réussie entre les Géorgiens et les Abkhazes. Pendant des scles les représentants de ces deux nations aborigènes ont cohabi sur ce territoire, partie de l’Etat de Géorgie. Soulignons que la majori de la population d’Abkhazie n’a pas pris part aux actions militaires.

 

 UNE MINORITÉ MAJORITAIRE !

La  Géorgie  indépendante  a  toujours  pris  en  considération  les  intérêts  des  minorités nationales.  Le  31  mars  1991  a  eu   lieu  le  référendum  en  faveur  de  l’indépendance  de  la Géorgie. Ce même référendum s’est tenu en République Autonome d’Abkhazie. Parmi les anciennes   républiques   de   l’Union   Sovtique,   la   Géorgie   a   é   l’une   des   premres républiques à clarer son indépendance, le 9 avril 1991. Le 9 juillet 1991 une nouvelle loi électorale  a  é  adoptée  en  Abkhazie,  donnant  la  majori  dans  le  Conseil  Suprême  de l’Abkhazie a  la minori ethnique :

28 places aux Abkhazes (17% de la population) ;

26 places aux Géorgiens (46% de la population) ;

11 places aux représentants de différents groupes ethniques.

La même loi établissait que le président du Conseil Suprême d’Abkhazie serait un Abkhaze qui  aurait  deux  adjoints    un  géorgien  et  l’autre  d’une  autre  nationalité,  et  au  poste  du président du cabinet des ministres un Géorgien était nommé. Une telle répartition   donnant un  tel  avantage  représentatif  à  une  minori  ethnique  reste  sans  précédent  dans  les constitutions européennes.Le gouvernement géorgien a propo d’attribuer à la République Autonome d’Abkhazie les droits les plus étendus et souhaite le règlement de toutes les questions litigieuses avec la participation des organisations internationales. Le 28 mars, le Président de Géorgie a propo à la partie abkhaze un nouveau plan de paix, qui prévoit  des propositions concrètes,  notamment,  la création du poste du Vice-président réservé   à   un   Abkhaze   d’origine,   la   participation   des   Abkhazes   au   Parlement   et   au Gouvernement  de  Géorgie,  l’attribution  du  droit  de  veto  aux  Abkhazes  sur  toutes  les  lois essentielles concernant  l’Abkhazie,  dans l’objectif  de la réhabilitation économique de cette région, la création de zones économiques libres et le contrôle bilatéral des ports maritimes, la fusion progressive des institutions de maintien de l’ordre et des services de douane et des garanties internationales pour assurer l’autonomie et la sécuri de l’Abkhazie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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