ZIMBABWE : en attente de résultats électoraux
Isabelle CHANEL, DIrecteur d’Europe Orient
Les discussions entre la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) et l’opposition sur l’issue du scrutin présidentiel, suspendues jeudi sur un désaccord, doivent reprendre ce jour 2 mai 2008 La réunion à huis clos, qui a pour objectif à aboutir à un consensus sur les élections du 29 mars, a été interrompue jeudi dernier, l’opposition affirmant l’avoir emporté dès le premier tour face au chef de l’état Robert Mugabe agé de 84 ans.
Selon nos contacts ayant assisté à cette réunion, le mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), a affirmé que son candidat, Morgan Tsvangirai avait remporté 50,3% des suffrages. De son coté la ZEC a assuré que Tsvangirai n’avait remporté que 47,8% des suffrages, contre 43,2% pour le président Mugabe et 8% pour l’ex-ministre dissident Simba Makoni. L’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), parti au pouvoir, a soutenu qu’aucun candidat n’avait obtenu la majorité absolue au premier tour. “Le MDC a avancé un chiffre de 50,3%. (…) Les chiffres de tous les autres se situent entre 47 et 48%” pour le MDC selon nos informations.
Le porte-parole de la ZEC, Utloile Silaigwana, a nié l’existence d’un désaccord majeur : “Nous n’avons pas fini nos comparaisons, parce que certains participants ont dit qu’ils n’avaient pas tous les chiffres et qu’ils les apporteraient demain” c’est à dire le 2 mai , a-t-il indiqué, à l’issue de près de quatre heures de discussions. De son côté, le représentant du chef de l’opposition, Chris Mbanga, a précisé que le processus se passait “très bien”. Aucun calendrier concernant l’annonce des résultats définitifs n’a été avancé. “Cela peut prendre une journée, deux, cela peut prendre une semaine, peut-être un mois”, avait déclaré M. Mbanga avant le début des débats. Jeudi dernier , M. Tsvangirai avait une nouvelle fois affirmé qu’il avait remporté la majorité absolue. “Il n’y a pas besoin d’un second tour”, selon lui. Le président zimbabwéen Robert Mugabe s’est déclaré prêt de son côté à accepter les résultats du second tour des élections présidentielles et a invité l’opposition à en faire de même, a annoncé jeudi soir le gouvernement sénégalais dans un communiqué laconique. Selon le chef de l’opposition, le climat de violence et d’intimidation qui domine dans le pays depuis le 29 mars rend impossible la tenue d’un second tour. Les Etats-Unis ont demandé jeudi au président Robert Mugabe de “cesser les violences” suite aux attaques présumées à l’encontre des partisans de l’opposition, et ont réclamé la publication des résultats des élections. Nombre d’organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé des violences à travers le pays depuis un mois. Human Rights Watch (HRW), a accusé l’armée d’être “responsable d’une nouvelle vague de violations des droits de l’Homme dans le pays”. Des dizaines de partisans de l’opposition ont été interpellées depuis les élections générales du 29 mars. Preuve des tensions suscitées par l’interminable attente des résultats, la police zimbabwéenne a annoncé avoir l’intention d’interroger le numéro deux de l’opposition, Tendai Biti, qu’elle accuse d’avoir violé la loi électorale en annonçant la victoire de son leader début avril. Il y a une semaine, la Commission électorale a confirmé la victoire historique de l’opposition au Parlement pour la première fois depuis l’indépendance de l’ex Rhodésie du Sud britannique en 1980.