IRAK : malgré les combats, nouveau retrait de l’armée américaine

Isabelle CHANEL, DIrecteur d’Europe Orient

Un nouveau retrait américain malgré la poursuite des combats. L’armée américaine vient de faire part de la  poursuivre la réduction de son contingent en Irak, en dépit de combats avec des miliciens chiites et d’un regain de tension avec l’Iran. Plus de quatre personnes ont été tuées dans des accrochages en début de semaine dans le bastion chiite de Sadr City, dans le nord-est de Bagdad, où les troupes américaines affrontent des partisans du chef radical antiaméricain Moqtada Sadr depuis fin mars. Ces combats ont également fait 12 blessés, selon des sources humanitaires.

D’autre part, trois personnes ont été tuées et 10 blessées lorsque deux obus de mortier ont touché  la mairie de Bagdad, dans le centre de la capitale, selon des sources de sécurité. Le commandement américain a indiqué qu’une nouvelle brigade de 3.500 hommes allait être retirée du théâtre d’opérations irakien.
Il s’agit du troisième retrait du genre depuis que le président américain George W. Bush a annoncé en septembre 2007 qu’il rappelait aux Etats-Unis une partie des renforts déployés en Irak l’année dernière. Le retrait, commencé en décembre et qui concerne cinq brigades, doit être achevé en juillet.
Une pause de 45 jours permettra ensuite d’évaluer si de nouvelles réductions sont envisageables. Les 3.500 soldats de la 3e division d’infanterie seront rentrés à leur base de Fort Benning, en Géorgie (sud-est des Etats-Unis), “dans les prochaines semaines”, a experssement indiqué l’armée américaine.  Un tiers de ses troupes est déjà parti d’Irak, selon Winfield Danielson.
Les récentes réductions ont porté le contingent américain en Irak à 156.000 soldats. Les troupes américaines sont engagées depuis la fin du mois de mars dans des combats meurtriers avec les miliciens chiites, notamment dans le quartier de Sadr City, dans le nord-est de Bagdad.
Ce quartier est le bastion d’une des plus active  des milices irakiennes, l’armée du Mahdi, du chef radical Moqtada Sadr, et les violences y ont fait plus de 900 tués depuis la fin mars. Les responsables américains assurent qu’ils ne s’en prennent pas à Moqtada Sadr mais à des “éléments indisciplinés” qui n’obéissent pas à ses ordres de cessez-le-feu. Moqtada Sadr précise que le gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki et les Américains veulent en finir avec lui avant des élections cruciales en octobre, que son mouvement pourrait utiliser pour renforcer son influence.
Un parlementaire du bloc sadriste Hassan al Roubaï a annoncé qu’il allait boycotter les travaux du Parlement pour protester contre ce qui se passait à Sadr City.  Les Américains mettent en cause dans les violences des groupes spéciaux accusés d’être armés, financés et entraînés par des services iraniens, et notamment la Force al-Qods, la cellule phare  des Gardiens de la Révolution,  et “véritable meneur” du régime islamique. Selon Téhéran, la  capitale iranienne , la poursuite du dialogue entamé avec les Etats-Unis sur les questions de sécurité en Irak est inutile. “Nous assistons actuellement aux bombardements américains et au massacre des Irakiens”, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini. “Dans ces conditions, les discussions ne donneront aucun résultat et n’ont pas de signification”, a-t-il souligné.

D’autre part il faut souligner , le chef d’une milice sunnite combattant Al-Qaïda a été enlevé en début de semaine  dans un village au nord de Bagdad avec plusieurs membres de sa famille par des hommes armés suspectés d’appartenir au réseau extrémiste.

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