Isabelle CHANEL, Directeur d’Europe Orient
La cellule spéciale des Nations unies sur la crise alimentaire mondiale s’est réunie ce jour pour la première fois, sous l’autorité du secrétaire général, Ban Ki-moon, qui a fait de la lutte contre la faim l’une des priorités de son action. Cette réunion, à huis clos, visait à “promouvoir une réponse mondiale cohérente et coordonnée à l’actuelle crise alimentaire”, selon un document préparatoire. Elle avait pour objectif d’évoquer le ”Cadre global d’action” comprenant une série de plans à court et long terme afin de faire face à la flambée des prix alimentaires au plan planétaire. Elle devait aussi préparer le terrain en vue d’une conférence de haut niveau de la FAO (Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture) sur la sécurité alimentaire, prévue à Rome du 3 au 5 juin 2008 , à laquelle M. Ban désire que les dirigeants du monde participent. La cellule de crise assurera le suivi et la mise en oeuvre de la stratégie d’action. Cette cellule, dont la création a été annoncée par M. Ban en Suisse à Berne le 29 avril 2008 , rassemble les chefs de quinze départements et agences de l’ONU, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). Cette cellule est sous la direction directe de M. Ban, qui a désigné son secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires, John Holmes, de sa coordination. A Berne, toutes ces institutions avaient appelé à une action urgente en raison de la crise alimentaire, demandant notamment un commerce mondial plus équitable. Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, avait averti que les prochaines semaines et mois seraient critiques, affirmant que pour deux milliards de personnes, les prix alimentaires élevés étaient devenus un combat quotidien, et ”de survie”. La priorité immédiate étant de “nourrir les affamés”, M. Ban avait rappelé aux pays donateurs à répondre d’urgence aux appels de fonds lancés par différents organismes. Il est à souligner que l es prix des denrées alimentaires ont quasiment doublé dans le monde ces trois dernières années, comme le mentionne la Banque mondiale, provoquant des émeutes en avril en Egypte et à Haïti, des manifestations dans de nombreux autres pays et des restrictions aux exportations de plusieurs producteurs dont le Brésil, le Vietnam, l’Inde et l’Egypte. Parmi les explications, on évoque le développement des bio-carburants, les barrières commerciales, une demande croissante venue d’Asie sur fond de modifications des habitudes alimentaires, la faiblesse des récoltes ainsi que les cours du pétrole, qui pèsent sur le prix des transports.




