Empire Agnelli : La direction à John Elkann !

13 mai 2008

 Isabelle CHANEL, Directeur d’Europe Orient

John Elkann  agé de 32 ans prend à partir de ce jour la direction  de l’empire Agnelli, après avoir été préparé dès son plus jeune âge par son grand-père, le légendaire Gianni Agnelli, à diriger la plus célèbre dynastie industrielle italienne.  John Elkann  est déjà  vice-président de Fiat et  deviendra le patron d’Ifil, la holding cotée en Bourse gerant  les participations de la famille (8 milliards d’euros), en remplacement de Gianluigi Gabetti (83 ans), un proche du clan Agnelli. La holding Ifil gère entre autre  les participations dans la société Fiat à hauteur de 30% , mais aussi  le groupe bancaire Intesa Sanpaolo à hauteur de 2,4% et la célèbre Juventus de Turin avec 62% La holding est à son tour détenue indirectement par la société en commandite Giovanni Agnelli & C., le “coffre-fort” qui regroupe les participations des héritiers de la dynastie et reste dirigée par M. Gabetti. En décembre 1997, John Elkann est nommé  au conseil d’administration de Fiat alors que John a seulement 21 ans et suscite l’incrédulité des Italiens qui se demandent s’il a l’âge de participer aux destinées de l’entreprise symbole du pays. Grand, mince, les traits encore juvéniles, John Elkann a été initié au goût du risque et de l’effort par son grand-père qui l’emmène avec lui lors de ses équipées sportives en mer ou en montagne. “Nous allions skier ensemble. Il me poussait à prendre le versant le plus difficile, à découvrir des endroits que nous ne connaissions pas”,précise t il a un de nos contacts en Italie. Fils de Margherita, la fille de Giovanni Agnelli et de l’écrivain Alain Elkann, John est né à New York aux USA et a vécu une jeunesse cosmopolite entre la Grande-Bretagne, le Brésil et la France. Après avoir passé son baccalauréat en 1994 à Paris, où il fréquente le lycée Victor-Duruy, il s’inscrit, sur les conseils de son aïeul, à l’école Polytechnique de Turin d’où il sort en 2000, diplôme d’ingénieur en poche. Son grand-père lui concocte un parcours à l’intérieur du  groupe Fiat. Il part en stage ouvrier chez Magneti Marelli en Angleterre, sur les chaînes de montage des “Cinquecento” à Tichy en Pologne, endosse le costume de vendeur dans une succursale du nord de la France à Lille. En 2001, il entame sa carrière professionnelle comme auditeur chez General Electric avant de revenir au Lingotto, le siège de Fiat, en mai 2002. L’entreprise phare de l’Italie vit alors des heures difficiles et doit faire appel aux  banques afin d’obtenir une aide. Le décès de son grand-père en 2003 et de son grand-oncle un an plus tard le projettent plus vite que prévu sur le devant de la scène puisqu’il est nommé en 2003 dans la holding  d’Ifil. Il devient vice-président de Fiat en 2004. Chez Fiat, il suit le spectaculaire redressement opéré par l’administrateur délégué Sergio Marchionne tandis que les observateurs le voient succéder à terme au président actuel, Luca Cordero di Montezemolo. Fin diplomate, John Elkann sait également  faire preuve de fermeté. Il l’a prouvé  en imposant en 2006  Jean-Claude Blanc à la tête  de la Juventus de Turin pour sauver le club éclaboussé par un scandale de matchs truqués. En 2007, il n’a pas hésité à s’opposer à sa mère qui réclame des comptes sur l’héritage de Gianni Agnelli dont elle conteste aujourd’hui l’évaluation.


MAPUTO : réunion annuelle de la Banque africaine de développement

13 mai 2008

Isabelle CHANEL, Directeur d’Europe Orient

Grande réunion annuelle  de la BAD Banque Africaine de Developpement à Maputo pour des dizaines de ministres africains des Finances, d’experts et de banquiers, qui se retrouvent dans un contexte très  tendu de hausse des prix des produits de base, et de flambée des cours du pétrole.  Les “assemblées annuelles” organisées par la BAD vont rassembler durant deux jours plus de 1.500 décideurs des secteurs privés et publics, ainsi  des chefs d’Etat et de gouvernement mais aussi  des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales des 77 pays membres du groupe” de la BAD. Dans le cadre de cette réunion, on n’évite pas les sujets sensibles, par exemple  la flambée des cours du pétrole ou la forte hausse des prix des produits de première nécessité, notamment alimentaires. Evolution des prix des principales céréales en 2007-2008. Dans un rapport intitulé “Perspectives économiques en Afrique”, rendu public il y a quelques jours, la BAD a précisé  le besoin urgent d’agir face à l’augmentation des prix des aliments, qui a des répercussions graves en Afrique: “A côté de la hausse des prix du pétrole, au cours des trois derniers mois depuis janvier, les prix de quelques-uns des aliments de base les plus importants ont presque doublé”. Il faut souligner que le prix du riz est passé de 373 à 760 dollars la tonne et le maïs de 171 à 220 dollars la tonne. Le phénomène frappe  plus  particulierement  les pays les plus pauvres parce que leurs habitants les plus nécessiteux doivent consacrer une proportion accrue de leur revenus à se nourrir. Environ 135 millions d’africains seront directement concernés  par la crise provoquée par la flambée des prix des produits alimentaires, a déclaré  début mai 2008  le président de la BAD, Donald Kaberuka, annonçant des mesures pour le secteur agricole, notamment un budget d’un milliard de dollars supplémentaires pour lutter contre la hausse des cours. D’autre part depuis plus de dix jours , le prix du baril de brut a grimpé près de 15 dollars.  Pour les pays africains producteurs, il s’agit d’une bonne chose, même si beaucoup d’entres eux ne transforment pas le pétrole et sont donc obligés d’importer les produits raffinés. “Le taux de croissance du PIB devrait se renforcer autour de 6% en 2008 et rester à ce niveau en 2009″, ajoute ce rapport, soulignant que “la croissance économique s’élargit avec davantage de pays qui doivent atteindre un taux de croissance autour de 5%”. Le rapport explique cette forte croissance essentiellement par “une forte demande extérieure pour les ressources pétrolières et minières, des investissements plus importants dans ces secteurs, et de bonne conditions climatiques pour l’agriculture.”