Isabelle CHANEL, Directeur d’Europe Orient
Grande réunion annuelle de la BAD Banque Africaine de Developpement à Maputo pour des dizaines de ministres africains des Finances, d’experts et de banquiers, qui se retrouvent dans un contexte très tendu de hausse des prix des produits de base, et de flambée des cours du pétrole. Les “assemblées annuelles” organisées par la BAD vont rassembler durant deux jours plus de 1.500 décideurs des secteurs privés et publics, ainsi des chefs d’Etat et de gouvernement mais aussi des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales des 77 pays membres du groupe” de la BAD. Dans le cadre de cette réunion, on n’évite pas les sujets sensibles, par exemple la flambée des cours du pétrole ou la forte hausse des prix des produits de première nécessité, notamment alimentaires. Evolution des prix des principales céréales en 2007-2008. Dans un rapport intitulé “Perspectives économiques en Afrique”, rendu public il y a quelques jours, la BAD a précisé le besoin urgent d’agir face à l’augmentation des prix des aliments, qui a des répercussions graves en Afrique: “A côté de la hausse des prix du pétrole, au cours des trois derniers mois depuis janvier, les prix de quelques-uns des aliments de base les plus importants ont presque doublé”. Il faut souligner que le prix du riz est passé de 373 à 760 dollars la tonne et le maïs de 171 à 220 dollars la tonne. Le phénomène frappe plus particulierement les pays les plus pauvres parce que leurs habitants les plus nécessiteux doivent consacrer une proportion accrue de leur revenus à se nourrir. Environ 135 millions d’africains seront directement concernés par la crise provoquée par la flambée des prix des produits alimentaires, a déclaré début mai 2008 le président de la BAD, Donald Kaberuka, annonçant des mesures pour le secteur agricole, notamment un budget d’un milliard de dollars supplémentaires pour lutter contre la hausse des cours. D’autre part depuis plus de dix jours , le prix du baril de brut a grimpé près de 15 dollars. Pour les pays africains producteurs, il s’agit d’une bonne chose, même si beaucoup d’entres eux ne transforment pas le pétrole et sont donc obligés d’importer les produits raffinés. “Le taux de croissance du PIB devrait se renforcer autour de 6% en 2008 et rester à ce niveau en 2009″, ajoute ce rapport, soulignant que “la croissance économique s’élargit avec davantage de pays qui doivent atteindre un taux de croissance autour de 5%”. Le rapport explique cette forte croissance essentiellement par “une forte demande extérieure pour les ressources pétrolières et minières, des investissements plus importants dans ces secteurs, et de bonne conditions climatiques pour l’agriculture.”




