AERONAUTIQUE : Safran inaugure un 6ème site au Mexique

Isabelle CHANEL, Directeur d’Europe Orient

 
Safran, groupe français d’aéronautique, défense, sécurité  vient d’ouvrir un  sixième site au Mexique, un bon terrain d’implantation en zone dollar pour une société qui cherche à limiter les effets de l’euro fort. “Nous consacrons chaque année 150 millions d’euros aux investissements à l’étranger. J’ai inauguré 11 sites à l’étranger en un an, 3 en Chine, 3 aux Etats-Unis et 3 au Mexique, mais notre noyau industriel reste l’Europe”, développe Jean-Paul Herteman, président du directoire du groupe Safran. Concernant les délocalisations au plan international il ajoute que  ”C’est la seule façon de lutter contre l’effet du dollar (…) Sur les trois dernières années, la baisse du dollar nous a coûté un milliard d’euros de résultats”. “Pour 2008, l’effet négatif sera de 700 millions d’euros”, heureusement “nos gains de productivité nous permettent de compenser la baisse du dollar” a t-il précisé à nos contacts locaux.  Né du rapprochement entre  Sagem spécialiste dans les secteurs de l’électronique, défense et télécommunications  et de la Snecma  équipementier aéronautique et motoriste, le groupe Safran,  a réalisé un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros en 2007. En ce qui concerne la stratégie internationale, le groupe  Safran a créé six filiales au Mexique: maintenance de moteurs, train d’atterrissage, câblage, systèmes de connectique et équipements aéronautiques. Au Mexique dans la ville de  Queretaro, Jean-Paul Herteman a inauguré la semaine derniere Snecma America Engine Services (SAMES), qui assure la maintenance des moteurs CFM 56-5 des Airbus A320, puis à l’horizon 2009, celle des CFM 56-7B des Boeing 737, deux moteurs construits en partenariat avec l’américain General Electric. Une joint venture avec l’espagnol ITP permet à SAMES d’utiliser son banc d’essai, très onéreux  à construire. SAMES est  prêt à recevoir les moteurs des avions de Mexicana de Aviacion et de l’américain Northwest Airlines qui étaient jusque là envoyés en France. Depuis le pôle aéronautique de Queretaro, où opèrent également le canadien Bombardier et la filiale de Safran pour la maintenance des trains d’atterrissage, SAMES envisage de couvrir prochainement compte tenu de la demande  du continent américain, de suivre  la maintenance des moteurs venant d’autres régions, si la capacité du site (objectif de 200 moteurs par an) le permet. Le patron du goupe Safran explique que les avantages du Mexique  sont “Une main d’oeuvre qualifiée, une administration pas trop bureaucratique et efficace, un coût du travail intéressant et des coûts de revient attractifs car le peso est lié au dollar”. Le Mexique, leader  du libéralisme économique, est lié par des traités de libre-échange avec une quarantaine de pays dont les Etats-Unis, le Canada, l’Union européenne et le Japon. Safran est devenu le premier industriel de l’aéronautique au Mexique, avec 3.800 employés répartis dans trois région du pays. “Nous sommes plus que satisfaits des résultats”, dit Jean-Paul Herteman qui envisage d’y accroître encore sa présence. A suivre

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