RUSSIE : Vladimir Poutine rencontre à Paris ses “amis” Chirac et Druon

30 mai 2008

Isabelle CHANEL, Directeur d’Europe Orient

Vladimir Poutine, premier ministre de la Russie  a rencontré  à Paris, au second jour de sa visite en France, l’ex-président Jacques Chirac puis l’écrivain Maurice Druon, deux “amis” qui n’ont pas été avares en compliments. Vladimir Poutine, dont c’était le premier grand déplacement à l’étranger depuis qu’il a quitté la présidence et pris la tête du gouvernement début mai, a d’abord reçu dans la matinée M. Chirac dans sa suite à l’hotel Bristol ou il a résidé durant l’intégralité de son séjour. Il a annoncé en cette circonstance,  que  Jacques Chirac était “attendu” le 12 juin à Moscou pour “une cérémonie très solennelle”, au cours de laquelle l’ancien président français se verra remettre le Prix d’Etat, distinction la plus élevée en Russie. La remise de cette décoration “traduit toute l’importance que nous accordons à ton action dans le domaine de la coopération franco-russe”, lui a déclaré Vladimir Poutine devant un parterre de personnalités. Il s’est félicité que les relations entre la Russie et la France “se développent très bien”. “Je te remercie pour le socle que tu as créé pour cela”, a dit M. Poutine, selon la traduction de ses propos par un interprète. Pour sa part  Jacques  Chirac a souligné  à son interlocuteur de sa “très grande estime et de  très grande amitié”. “Mon estime tient à la remarquable conduite que tu as eue des affaires de la Russie”. “Ces dix années ont été incontestablement de grandes années pour la Russie. (…) Je tiens à rendre hommage à ton action,” a poursuivi l’ancien président français , en jugeant qu’il ne pouvait y avoir “d’équilibre du monde sans une Russie forte”. Lorsqu’il était au pouvoir, Jacques Chirac a souvent été critiqué pour son attitude estimée trop indulgente envers M. Poutine. Le nouveau Premier ministre russe s’est ensuite rendu au domicile parisien de l’écrivain Maurice Druon, 90 ans, membre de l’Académie française et auteur notamment des Rois Maudits. MM. Poutine et Druon –dont le père était Russe– se sont réciproquement complimentés lors de leur rencontre filmée par les télévisions russes. Vladimir Poutine et Maurice Druon  s’étaient rencontrés à deux reprises en 2003 et M. Druon a été fait membre en juin 2006 de l’Académie russe des Sciences pour “son apport important aux relations contemporaines franco-russes”. “Vous avez rajeuni M. le président”, a déclaré l’écrivain au Premier ministre russe. “C’est peut-être l’effet de Paris!”, a répondu l’ex-président devenu Premier ministre. M. Druon s’est félicité que M. Poutine n’ait pas modifié la constitution russe pour rester président et soit devenu Premier ministre: “j’étais sûr que vous feriez le choix que vous avez fait, le choix politique”, a-t-il précisé. “Nous avons beaucoup à faire, nous avons une équipe soudée, une situation politique et économique très stable, beaucoup de travail intéressant devant nous “, a renchéri M. Poutine, alors que les interrogations demeurent sur le partage réel des pouvoirs entre le nouveau président Dmitri Medvedev et son Premier ministre, omniprésent dans tous les domaines. Le premier ministre  Poutine s’est également déclaré “très satisfait” de ses entretiens  avec le président Nicolas Sarkozy et son homologue François Fillon.


ALGERIE : Désactivation de plus de trois millions de cartes SIM

30 mai 2008

Isabelle CHANEL, Directeur d’Europe Orient

Les autorités algériennes ont demandé aux opérateurs de téléphonie mobile du pays de désactiver ses jours  plus de trois millions de cartes SIM non enregistrées officiellement, afin d’empêcher les activistes islamistes de les utiliser pour déclencher à distance des engins explosifs, a-t-on appris de source proche des services de sécurité. Depuis plusieurs années, les opérateurs pouvaient vendre des cartes SIM sans vérifier l’identité des acheteurs, mais des mesures ont été prises récemment pour mettre fin à cette pratique. Au printemps dernier, l’administration des postes et télécommunications avait demandé aux opérateurs de désactiver avant le 30 avril les cartes SIM dont les propriétaires n’étaient pas identifiés, date limite ensuite repoussée au 31 mai. L’armée algérienne a découvert l’an dernier en Kabylie une cache utilisée par les islamistes contenant plus de 300 cartes SIM non enregistrées


JAPON – AFRIQUE : TICAD – Augmenter la production agricole

30 mai 2008

Isabelle CHANEL , DIrecteur d’Europe Orient

Le Japon et les pays africains se sont engagés  à tout faire pour augmenter la production agricole de l’Afrique, tout en soulignant que la stabilité récente du continent lui ouvrait “des perspectives sans précédent” de croissance. Le Japon et la quasi totalité des pays d’Afrique viennent de terminer  la conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad) qui s’est tenue durant  trois jours à Yokohama  dans la région de Tokyo, sous l’égide du Japon, de l’ONU et de la Banque mondiale. Les participants ont adopté un “plan d’action de Yokohama” pour les cinq années à venir et ont souligné que “l’augmentation de la production alimentaire comme de la productivité agricole” était “cruciale pour la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté et la croissance économique en Afrique”. Le continent est particulièrement touché par la flambée mondiale des prix alimentaires qui ont provoqué des émeutes dans plusieurs pays africains. Les pays africains ont réitéré leur engagement à “améliorer la productivité agricole” de 6% par an d’ici 2015 et à “allouer au minimum 10% de leurs ressources budgétaires nationales à l’agriculture” sur les cinq prochaines années. Le Japon avait annoncé au début de la conférence  qu’il aiderait l’Afrique à doubler sa production de riz d’ici dix ans. La  Ticad a proposé d’introduire “un usage plus généralisé du Nouveau riz pour l’Afrique”, une variété riche en protéines et plus résistante, créée il y a quelques années en Afrique de l’Ouest en croisant des variétés de riz africaines et asiatiques. La Ticad s’est engagée également à contribuer à “étendre les superficies irriguées de 20% en cinq ans” et à “assister les petits cultivateurs et organisations de fermiers à adopter les nouvelles technologies, élargir les terres agricoles (et) introduire les machines pour augmenter la productivité”. Dans une “déclaration de Yokohama” distincte, le Japon et l’Afrique se sont par ailleurs félicités de la “stabilité politique accrue et (de la) meilleure gouvernance (du continent), soutenues par une croissance économique forte et des investissements directs étrangers en constante augmentation”. Selon eux, des “perspectives sans précédent pour l’Afrique” s’ouvrent désormais pour une “croissance économique réelle et durable” permettant de réduire de “façon significative” la pauvreté. Concernant le suivi des décisions de la Ticad, la quatrième édition d’un sommet qui se tient tous les cinq ans, le Japon et l’Afrique ont instauré un “mécanisme de suivi” annuel pour coordonner leurs décisions entre deux sommets. Le “plan d’action” insiste par ailleurs sur la nécessité de “développer les infrastructures”, transport, électricité et hydraulique. Sur le plan sanitaire, le  Japon et l’Afrique ont promis de “soutenir les efforts pour atteindre l’objectif d’une réduction de 50% de la tuberculose et des taux de mortalité” liés à cette maladie d’ici 2015 par rapport à 1990. Ils ont enfin reconnu que les changements climatiques constituaient “un défi urgent pour l’Afrique, en raison de la vulnérabilité du continent par rapport à leurs impacts négatifs, comme les sécheresses et les inondations plus fréquentes et plus intenses”. “Il est nécessaire pour tous les pays, y compris les pays d’Afrique”, d’agir pour parvenir à “une réduction des émissions de gaz à effet de serre”.