RUSSIE : Poutine favorable au plan de rattachement

31 mai 2008

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a qualifié de “juste” le plan de rattachement à la Géorgie de la région séparatiste pro-russe d’Abkhazie proposé par le président géorgien Mikheïl Saakachvili, dans un entretien samedi au quotidien français Le Monde.(Publicité)
“J’espère que le plan proposé par Mikheïl Saakachvili entrera peu à peu en vigueur parce que, dans l’ensemble, il est juste”, dit-il dans des propos inhabituellement conciliants à l’égard de Tbilissi, à couteaux tirés avec Moscou, accusé de soutenir en sous-main les indépendantistes.

Ce plan, rejeté par les Abkhazes, prévoit le retour de l’Abkhazie dans le giron de la Géorgie en échange d’une large autonomie. La région perdrait en revanche son indépendance unilatérale actuelle, déclarée en 1992, qui n’est reconnue par aucun pays, y compris la Russie.

En appuyant ce plan géorgien, M. Poutine semble contredire les rumeurs d’une possible reconnaissance de la république séparatiste par Moscou.

Il reste cependant prudent quant à un accord. “Il faut avant tout que cela convienne aux Abkhazes”, dit-il.

Le Premier ministre russe fustige également “les nouvelles démonstrations de force” de la Géorgie, accusée de chercher le conflit en Abkhazie.

M. Poutine évoque les récents incidents de drones géorgiens abattus au-dessus de l’Abkhazie, notamment le 20 avril, quand un drone a été abattu par un avion de chasse russe selon la Géorgie, appuyée par l’ONU sur ce point.

“On dit aujourd’hui que plusieurs drones géorgiens ont été abattus au-dessus de l’Abkhazie par des systèmes de défense russes. Mais pourquoi n’évoque-t-on pas l’interdiction de survoler ces zones de conflits?”, commente M. Poutine, sans démentir un tir russe, comme le faisait jusqu’ici l’armée.


RUSSIE : Poutine contre l’adhésion de l’Ukraine et de la géorgie à l’OTAN

31 mai 2008

Isabelle CHANEL , Directeur d’Europe Orient

Le premier ministre russe Vladimir Poutine affirme “qu’élargir l’Otan, c’est ériger de nouveaux murs de Berlin”, afin de  justifier son opposition à l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Nous sommes opposés à l’élargissement de l’Otan en général”, explique Vladimir Poutine  en rappelant que l’alliance avait été créée en 1949 dans un contexte de confrontation avec l’Union soviétique. “L’Union soviétique n’existe plus, la menace non plus, mais l’Organisation est restée. D’où la question : contre qui faites-vous ‘ami-ami’ ?”, s’interroge le premier ministre Poutine. “Elargir l’Otan, c’est ériger de nouvelles frontières en Europe, de nouveaux murs de Berlin, invisibles cette fois mais pas moins dangereux”, ajoute-t-il en évoquant l’installation d’une “défiance mutuelle”. “Nous savons bien où les décisions sont prises : dans un des pays leaders de ce bloc (…). Nous craignons que l’adhésion de ces pays à l’Otan ne se traduisent par l’installation, chez eux, de systèmes de missiles qui nous menaceront”, poursuit l’ancien chef de l’état Poutine.


COREE du NORD : Lancement de trois missiles …

31 mai 2008

Isabelle CHANEL, DIrecteur d’Europe Orient

La Corée du Nord a lancé trois missiles à courte portée au large de ses côtes occidentales dans le cadre d’un exercice militaire. Selon une source gouvernementale,  en relation avec un de nos contacts sur place,  les missiles ont été tirés  dans la Mer Jaune au large du comté de Jeungsan, à quelque 40 km à l’ouest de Pyongyang. Ces tirs faisaient partie d’un exercice impliquant des missiles d’une portée de 46 km, selon nos sources. “Le tir de missiles, comme celui effectué à la fin  mars 2008 , fait partie d’exercices militaires normaux destinés à tester la performance des missiles et à améliorer leurs capacités opérationnelles”. La Corée du Nord avait procédé le 28 mars à de nouveaux tirs d’essai de missiles et averti qu’elle pourrait différer sa dénucléarisation si les Etats-Unis tardaient à résoudre un litige sur le dossier nucléaire qui piétine depuis plusieurs mois. Ces tirs étaient des tirs d’essai de trois ou quatre missiles de courte portée Styx. La Maison Blanche avait critiqué ces nouveaux tirs, les jugeant “non constructifs”, et exhorté Pyongyang à se concentrer sur le démantèlement de ses installations nucléaires. “Les Etats-Unis pensent que la Corée du Nord doit s’abstenir de tester des missiles”, avait déclaré Gordon Johndroe, porte-parole de la Maison Blanche, dans un courrier électronique. “Ce type d’activité n’est pas constructif”. Il avait ajouté que “la Corée du Nord devait se concentrer sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, donner une déclaration complète et correcte de tous ses programmes d’armement nucléaire et de ses activités de prolifération nucléaire, et achever comme convenu le démantèlement”. Ces tirs surviennent alors que les pourparlers entre négociateurs américains et nord-coréens sur la dénucléarisation de la Corée du Nord se sont enlisés. La dernière rencontre, le 14 mars à Genève, n’a permis aucune avancée. Des discussions multilatérales commencées  en août 2003 entre les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie ont abouti le 13 février 2007 à l’engagement du Nord à renoncer à ses activités nucléaires contre une aide énergétique à Pyongyang d’un million de tonnes équivalent-pétrole.