Isabelle CHANEL, DIrecteur d’Europe Orient
Les rebelles tchadiens continuent d’avancer vers N’Djamena, prenant Am-Dam plus à l’ouest, dont l’importance est relativisée par les autorités qui s’affirment “sereines” en estimant que les attaquants ont investi des “localités dégarnies”. “Nous avons investi la ville (d’Am-Dam) à la mi-journée. Les troupes gouvernementales n’ont pas offert une grande résistance”, a déclaré Ali Gueddei, porte-parole de l’Alliance nationale actuellement à Libreville, regroupant les diverses factions rebelles. “Notre objectif n’est pas de prendre des villes mais d’ôter les obstacles sur la route de N’Djamena. Nous n’allons pas rester. Notre objectif est N’Djamena”, affirmant qu’il ne pouvait fournir de bilan sur les combats. A souligner qu’Am-Dam est à 110 km au nord-ouest de Goz Beida, que les rebelles ont occupé durant quelques heures, sur la route principale menant de Goz Beida vers l’ouest et vers N’Djamena à 600 Km. Le ministre de la Communication tchadien Mahamat Hissène a affirmé toutefois que les autorités étaient “sereines”.”L’armée déploie son plan et est en train de prendre le contrôle de la situation”. “Il y a eu peu d’activité sur le plan militaire en ce jour dominical. Les mercenaires ont effectué un passage à Am-Dam où il n’y a pas de militaires et seulement six gendarmes. Nous savons qu’ils ont besoin de faire la publicité de leurs attaques auprès de leurs commanditaires”. “Les rebelles évitent l’affrontement et font des sauts dans des localités dégarnies pour se faire une publicité médiatique”, a commenté un officiel tchadien de haut rang. D’autre part le chef de l’Alliance Nationale, le général Nouri, qui avait mené l’offensive sur la capitale en février, déclarait que les rebelles étaient dispersés en plusieurs groupes et étaient en mouvement, rappelant que “l’objectif final était N’Djamena”. Selon des sources militaires tchadiennes des groupes rebelles avaient pris la direction de l’est et de la frontière soudanaise, ajoutant qu’il n’y avait pas de combats dimanche matin. La rébellion avait aussi confirmé l’absence de combats au cours de la matinée. Pour mémoire il faut rappeler que les 2 et 3 février, la rébellion tchadienne avait mené un raid et atteint N’Djamena à la surprise générale, encerclant notamment le palais présidentiel et étant tout près de renverser le régime du président Idriss Deby Itno. Joint par téléphone afin de connaitre la position de la France lors de son déplacement à Abidjan, Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères a déclaré : “La France n’est pas intervenue et n’interviendra plus”. Les rebelles reprochent notamment à la France, présente au Tchad depuis 1986 dans le cadre de l’opération Epervier avec des moyens aériens et terrestres, de fournir des renseignements militaires à l’armée tchadienne grâce à ses vols de “reconnaissance”. La rébellion a brièvement occupé samedi la ville de Goz Beida, située à 75 km de la frontière soudanaise et entourée de camps de réfugiés. Les personnels humanitaires de la ville, dont une partie ont passé la nuit dans le camp de l’Eufor – la force européenne déployée dans l’est du Tchad pour protéger les populations civiles et réfugiés du Darfour. Ils envisagent de reprendre leurs activités dans cette zone où vivent pas moins de 80.000 déplacés tchadiens et 36.000 réfugiés du Darfour, précise le représentant du Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) au Tchad, M Serge Malé.




