EUROPE : Le G20 veut un contrôle de tous les acteurs du marché

22 février 2009
g20   le président français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre britannique Gordon Brown et la chancelière allemande Angela Merkel, le 22 février 2009 à Berlin
Les Européens du G20 réunis  à Berlin ont affiché leur détermination à réguler et surveiller l’ensemble des acteurs des marchés, y compris des fonds d’investissement spéculatifs (hedge funds), mais renvoyé les décisions concrètes au sommet de Londres en avril prochain. Les européens du G20 sont tous d’accord sur le fait que “tous les produits et acteurs financiers, y compris les hedge funds et agences de notations  doivent être régulés et surveillés”, a déclaré la chancelière Angela Merkel. “Pour ceux qui ne sont pas coopératifs, il faut développer des mécanismes de sanction”, a-t-elle ajouté. Les britanniques, considérés comme réticents à ce sujet, semblent donc s’être rangés à l’avis de leurs pairs. Ces fonds dont la seule motivation est la recherche coûte que coûte du profit agissent en toute opacité et sont considérés comme partiellement responsables de la crise financière qui secoue la planète. Mais il est trop tôt pour évoquer les moyens envisagés. “Les détails doivent encore être définis”, a reconnu Angela Merkel. La chancelière conservatrice avait convié ses homologues et les ministres des Finances européens du G20 (Royaume-Uni, Italie, France), de même que l’Espagne et les Pays-Bas, afin de définir une ligne commune sur la réforme de la finance mondiale avant le sommet du G20 de Londres le 2 avril, où le président américain Barack Obama fera ses premiers pas sur la scène internationale. Dans leur déclaration, les Européens ont souligné leurs convergences de vues sur un renforcement du rôle et des ressources du Fonds Monétaire International (FMI). “Nous proposons aujourd’hui un fonds de 500 milliards de dollars qui permettra au FMI non seulement de gérer les crises quand elles se produisent mais aussi de les éviter”, a déclaré le Premier ministre Gordon Brown, ce qui correspond à un doublement des moyens du fonds. Le FMI a souligné plusieurs fois ces dernières semaines que sa capacité à prêter aux pays membres en difficultés, notamment les économies très affaiblies de l’Europe de l’Est, risquaient de s’épuiser si la crise économique perdurait. Le Japon a déjà annoncé son intention de prêter jusqu’à 100 milliards de dollars à l’institution multilatérale. Le besoin de lutter contre les “centres non coopératifs” comme les paradis fiscaux a aussi été réaffirmé, de même que la nécessité pour les banques de constituer des réserves en temps de croissance pour mieux faire face aux périodes de crise. “Berlin est une étape importante entre Washington et Londres”, a estimé le président français Nicolas Sarkozy. Les Etats du G20 (G7, Russie, 12 pays émergents dont la Chine, le Brésil ou l’Arabie saoudite) s’étaient mis d’accord à Washington sur un catalogue de 47 points, visant à instaurer plus de transparence et de régulation. C’est bien dans la capitale britannique que tout se jouera. “Il ne s’agit pas de mesures de surface, il s’agira de prendre des mesures structurelles”, a insisté le président français. “Londres doit être un succès”, a abondé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Après leurs querelles sur le protectionnisme, les Européens avaient aussi besoin de mettre les choses au point. Les aides à l’industrie automobile lancées par Paris, Madrid et Rome ont fait grincer des dents à Berlin et Bruxelles. Ils ont réaffirmé la nécessité de résister au protectionnisme. Avec la récession en cours, la chose n’est pas aisée. “Nous nous engageons à mettre en oeuvre des mesures de relance de telle sorte que toute distorsion de concurrence soit réduite à un minimum absolu”, ont-ils indiqué.

FRANCE : Salon international de l’agriculture

22 février 2009
Alors que les chiffres du chômage en France explosent, l’agriculture aujourd’hui manque de bras: le secteur ne séduit pas les nouvelles générations en raison d’une image dépréciée mais aussi de conditions de travail difficiles. “Nous les agriculteurs, nous avons trop longtemps dévalorisé notre métier”, regrette Michel Marquet, arboriculteur  à la retraite mais qui s’investit toujours dans le monde agricole. Il est secrétaire général de l’Anefa, l’Association nationale emploi formation en agriculture, un organisme paritaire patrons et salariés agricoles, qui se démène sur le terrain pour susciter les vocations. Il y a du pain sur la planche, tant ce secteur pâti d’une image “passéiste”: “Il n’y a pas si longtemps, on menaçait encore le bon à rien  de la famille de faire agriculteur”, regrette M. Marquet qui, citant son propre exemple, dit n’avoir jamais poussé ses enfants à reprendre le flambeau. Or, aujourd’hui l’agriculture a bien changé, avec toute une palette de nouveaux métiers et une demande croissante de compétences. Mais le message a du mal à passer. Selon le baromètre de l’Agriculture BVA, réalisé en février 2009, pour le groupe France Agricole, plus de 2 Français sur 3 déclarent n’avoir jamais envisagé travailler dans le secteur agricole. Ils sont aussi 78% à affirmer mal connaître les formations qui mènent aux métiers de l’agriculture. “Il faut supprimer l’image du commis de ferme avec la brouette et la fourche”, renchérit Eric Swartvagher, président de l’Anefa et représentant des salariés agricoles. “Quand vous avez une machine de 250.000 euros, il faut savoir la faire fonctionner”, ajoute-t-il. “Il y a du boulot, c’est passionnant, on peut faire carrière et atteindre au bout de 4 ou 5 ans entre 130 et 140% du smic”, assure encore M. Swartvagher. Celui-ci raconte son parcours: non issu du monde agricole, il a découvert sa vocation à six ans et a commencé comme vacher. Exemple d’une filière particulièrement touchée par le déficit de candidats, celle de porcher. Un chef d’équipe porcher qui dirige un élevage de 300 à 400 truies touche un salaire de 2.500 euros brut mensuel plus une prime d’intéressement dont le montant est “secret”. Comme dans d’autres métiers, ces spécialistes n’hésitent pas à changer d’exploitations pour faire évoluer leur carrière. Philippe Pelvet, directeur de l’Association pour l’emploi des cadres ingénieurs et techniciens de l’agriculture et de l’Agroalimentaire (Apecita), confirme la difficulté de trouver des candidats porchers, mais aussi vachers. Les jeunes ne sont pas attirés par ce type d’activités difficiles avec les horaires de traite le matin et le soir: “ce n’est pas tellement dans l’air du temps d’avoir des horaires décalés”. Selon lui, les jeunes rechignent à diriger une équipe. Aujourd’hui, les jeunes “veulent faire des études dans la recherche” et travailler dans l’environnement, des métiers pas toujours en “adéquation” avec le marché du travail, explique-t-il. Un autre secteur est aussi touché par le manque de candidats: 5.000 postes sont à pourvoir urgemment dans le machinisme agricole (maintenance, commercialisation) ou l’agroéquipement, dans le jargon professionnel. Le secteur, selon Joël Carmona, président de l’Association professionnelle de développement de l?enseignement du machinisme agricole et des agroéquipements (Aprodema), fait face à un “papy boom” avec de nombreux départs à la retraite. Les jeunes ne connaissent pas ce métier et ne “viennent pas nous rejoindre”, regrette-t-il. Pour la première fois, l’association a pris un stand au salon.

VIETNAM : Ouverture de la première raffinerie

22 février 2009
Le Vietnam a inauguré  sa première raffinerie, un projet longtemps controversé mais ultra-symbolique et vital, a réaffirmé le Premier ministre, pour la “sécurité énergétique” du pays. “C’est un projet clé, d’importance nationale”, a déclaré le chef du gouvernement vietnamien, Nguyen Tan Dung, devant plus de 1.000 invités présents sur le site de Dung Quat, dans le centre du Vietnam. Ce complexe de plus de 2,5 milliards de dollars (1,95 md EUR) construit par un consortium mené par le Français Technip, est essentiel “à plusieurs égards – politiquement, économiquement, pour la défense et la sécurité nationales”, a-t-il poursuivi. La cérémonie de lancement, organisée sous haute sécurité. Dung Quat devrait permettre au pays communiste de produire 6,5 millions de tonnes par an, ou 148.000 barils par jours, soit le tiers de ses besoins en produits raffinés. Le géant public PetroVietnam, qui exploitera le site, espère le voir tourner à pleine capacité en août. Pour le Vietnam, qui possède d’importantes réserves de brut mais devait jusqu’ici importer tout son pétrole raffiné, le pas est d’autant plus important que ses besoins explosent à mesure de son développement. En 2008, selon des chiffres du gouvernement, Hanoï a certes gagné 10,45 milliards de dollars (8,15 mds EUR) en exportations de brut. Mais il a dû en débourser 10,88 autres (8,49 mds EUR) en importations de produits raffinés. “La raffinerie de Dung Quat est l’une des plus modernes du monde”, s’était plus tôt félicité Dinh Van Ngoc, responsable de l’unité en charge du site chez PetroVietnam. “Elle est très importante pour le Vietnam, à la fois d’un point de vue pratique et spirituellement. Elle montre à la nation entière et au peuple vietnamien que le Vietnam peut construire une raffinerie”. Le projet est pourtant loin d’avoir été sans heurts. Lancée dans les années 90, Dung Quat n’a vraiment émergé qu’en 2005, année du choix du consortium et des premiers coups de pioche. Entre temps, les coûts avaient flambé – le budget enflait de plus d’un milliard de dollars – et plusieurs partenaires étrangers potentiels avaient jeté l’éponge, dont le français Total. L’aspect le plus controversé: la localisation à Quang Ngai, une province sans tradition industrielle, loin des gisements off-shore du pays et de son poumon économique Ho Chi Minh-Ville, l’ex-Saïgon (sud). Mais, expliquent les experts, Hanoï voulait faire émerger, au centre et dans une région pauvre, un nouveau pôle industriel pour faire contrepoids à l’ex-Saïgon et à la capitale Hanoï au nord. Les autorités espèrent voir se développer plus de 20.000 emplois dans la zone économique qui entoure la raffinerie. Construire le complexe à Quang Ngai a relevé d’une “décision politique”, reconnaît Bruno Le Roy, l’ingénieur de Technip responsable du chantier. Dung Quat était la première raffinerie du pays. Mais une deuxième, au nord, est déjà en chantier et une troisième est aussi envisagée. Le Vietnam a certes enregistré un ralentissement économique l’an dernier: une hausse de 6,2% de son Produit intérieur brut (PIB), la plus faible performance en près de dix ans. Mais le Premier ministre espère voir la tendance s’inverser prochainement. En 2007, le pays affichait encore une progression de 8,5% de son PIB et la croissance annuelle des besoins énergétiques de ses industries, ses ménages, ses transports était jugée deux fois plus importante encore

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