INDE/RUSSIE : Vers un contrat de l’ordre de 7 milliards de dollars dans l’armement

20 décembre 2015

IndeRussie

Narenda Modi, premier ministre de l’Inde est en  visite à Moscou capitale de la Russie. Ce déplacement  promet de s’avérer fructueux avec une « partenariat stratégique privilégié » que l’Inde et  la Russie  entretiennent depuis 10 annés. D’après les sources diplomatiques de Moscou et New Delhi, ce déplacement devrait déboucher sur un accord pour la construction d’une nouvelle centrale nucléaire de 6 réacteurs dans l’Andhra Pradesh, et de la signature de contrats d’armement pour plus de 7 milliards de dollars, notamment pour l’achat de systèmes antiaériens S-400 Triumph. Cette rencontre au sommet met aussi à mal la thèse d’une réorientation de l’Inde vers les USA et affirme New Delhi comme l’un des principaux partenaires de Moscou en Asie-Pacifique. Le sommet devrait  aboutir à la signature d’un accord technique sur la construction des 5e et 6e réacteurs de la centrale nucléaire de Kudankulam, ce qui permettrait de faire passer à 12 le nombre de réacteurs russes en Inde. De plus, la possibilité d’une production conjointe avec la Russie du combustible pour la centrale nucléaire acquiert une importance particulière. Le montant des contrats qui devraient être signés dans le secteur militaro-technique est évalué à plus de 7 milliards de dollars. Comme l’ont confirmé les hauts responsables de plusieurs entreprises de défense de Russie, l’Inde pourrait acquérir plus de 6 divisions de S-400 et devenir le deuxième acheteur étranger après la Chine. Les parties évoqueront l’achat de 2 sous-marins à propulsion diesel-électrique du projet 636 Varchavianka, 3 frégates du projet 11356 et 48 hélicoptères de transport militaire Mi-17V5. « Des négociations sont en cours pour l’achat de l’ordre de 150 véhicules de combat d’infanterie BMP-2K, ainsi que pour la modernisation du parc d’Il-78 et d’Il-76 de l’armée de l’air de l’Inde. Autre sujet évoqué  : la préparation de la signature d’un accord intergouvernemental sur la production conjointe en Inde de 200 hélicoptères polyvalents Ka-226T. Depuis plusieurs années, l’Inde est le principal importateur d’armement russe: en 2014 elle représentait 28% de tous les achats pour près de 5 milliards de dollars. L’éventail des armements achetés va des chasseurs polyvalents Su-30MKI et des MiG-29K/KUB embarqués aux lance-roquettes multiples 9K58 Smertch. De plus, la conception de l’avion FGFA de 5e génération est en cours et la fabrication sous licence des chars T-72 et T-90 a été lancée.


RUSSIE : Ouverture d’un centre Staline

20 décembre 2015

Russie

Des communistes russes ont ouvert à Penza, dans le centre de la Russie, un «centre Staline» pour «réhabiliter le nom» de l’ancien dictateur et promouvoir son action à la tête de l’Union soviétique. «Nous avons ouvert notre Centre pour laver le nom de Staline après des décennies de calomnies», a expliqué son directeur Guéorgui Kamnev, député local et patron du Parti communiste de la région de Penza. Ce «centre Staline» occupe les 2 étages d’un immeuble en plein coeur de Penza, ville de plus de 500.000 habitants située à 600 km au sud-est de Moscou et où le parti communiste reste très actif avec 15% des sièges au parlement régional. «Certes, la période stalinienne a fait nombre de victimes innocentes, ce sont des erreurs à ne jamais répéter», concède-t-il. «Mais le stalinisme est aussi synonyme de grandeur du pays, de protection sociale, de succès scientifiques et culturels et de victoire lors de la Seconde Guerre mondiale», estime Guéorgui Kamnev. La mission du centre est d’attribuer des bourses à des étudiants en histoire, distribuer des affiches et des portraits de Staline en ville, organiser conférences, tables rondes, festivals et soirées littéraires consacrées aux acquis du stalinisme. Les autorités russes ont depuis la chute de l’URSS une position ambivalente à l’égard de Staline: officiellement dénoncé pour la Terreur d’État qu’il a orchestrée dans les années 30 et jusqu’à sa mort en 1953, il est toujours enterré devant le Kremlin, sur la place Rouge.


BRESIL : Au bord du gouffre économique et politique

20 décembre 2015

Bresil

Chaque année à pareille époque au mois  de décembre, la rue Sousa Lima, une courte artère partant de la plage de Copacabana, oublie sa tranquillité pour abriter une véritable bataille : quel immeuble arborera les plus belles décorations de Noël ? En cette fin d’année 2015, c’est la misère. Après la démission de Joaquim Levy ministre des finances qui a décidé de claquer la porte, son successeur Nelson Barbosa devra faire ses preuves pour redonner confiance. La dette du Brésil est devenue, d’après les agences S&P et Fitch un « investissement spéculatif ». La consommation des ménages s’effondre. Le taux d’investissement a diminué de 15% sur l’année. Agriculture, industrie et services accusent de forts replis. Et malgré la dévalorisation du real, la devise locale (près de 70% de baisse cette année par rapport au dollar), les investissements étrangers sont paralysés. Le produit intérieur brut devrait plonger de 3,6% cette année et de 2,3% en 2016. Il faut remonter à 1930-1931 pour retrouver deux années consécutives de récession. C’est un cocktail de crise économique, politique et institutionnelle qui explique cette situation. La difficile réélection de Dilma Rousseff à la tête du pays, en octobre 2014 s’est faite à la faveur d’une campagne contre l’austérité fiscale prisée par son adversaire de droite. Un mois après le scrutin pourtant, Dilma Rousseff change son fusil d’épaule et annonce de profondes coupes budgétaires. A ses yeux, il y a urgence : en 2014, le déficit budgétaire a doublé, passant de 3,1% à 6,2%. Un cercle vicieux semble s’être enclenché : le plan de rigueur, conjugué à une succession de hausses des taux d’intérêt à 14,25% fin 2015, un record, même avec une inflation de 9% a précipité l’activité, et mis fin à des années de plein-emploi. Le taux de chômage est passé de 4,7% à 8,9%, obligeant les ménages à cesser de dépenser. Dans un pays où 51,3% des impôts dépendent de la consommation, – contre 34% en moyenne au sein de l’OCDE – l’impact sur les recettes fiscales est dévastateur. Le coup de frein de l’état n’est pas seul responsable. Cela fait 18 mois que le Brésil vit au rythme de l’opération policière Lava-Jato, – littéralement « karcher »- qui a mis au jour des détournements de l’ordre de 10 milliards de reais au cœur de Petrobras, l’entreprise d’hydrocarbures étatique. Les surfacturations se faisaient avec la complicité d’un cartel d’entreprises du bâtiment qui se partageaient les contrats. Fait inédit, la justice a jeté derrière les barreaux des dizaines de politiques et hauts-cadres. Le scandale a bloqué les investissements du secteur pétrolier et du bâtiment, provoquant des faillites en cascade chez leurs fournisseurs. Eduardo Cunha  président du parlement est une des cibles de la police, qui a découvert qu’il détenait l’équivalent de 9 milliards de reais en Suisse. Furieux de ce qu’il interprète comme une action politique, il s’est vengé contre Dilma Rousseff en acceptant une demande de destitution à son encontre. Des députés de l’opposition accusent en effet Dilma Rousseff d’avoir sciemment maquillé les comptes publics de 2014, à la veille de l’élection. Alors que les adversaires de la présidente doivent convaincre les 2/3 du Congrès qu’il faut abréger son mandat, l’hypothèse a la sympathie déclarée de la Fiesp, principale entité patronale, et du vice-président Michel Temer, qui reprendrait son poste jusqu’en 2018. Pour tenir, Dilma Rousseff doit mobiliser sur sa gauche. D’où la nomination aux finances de Nelson Barbosa, un pilier du parti des travailleurs qui combattait, à l’intérieur même du gouvernement- il occupait le portefeuille du Plan et du Budget- la politique d’austérité.