BRESIL : Au bord du gouffre économique et politique

20 décembre 2015

Bresil

Chaque année à pareille époque au mois  de décembre, la rue Sousa Lima, une courte artère partant de la plage de Copacabana, oublie sa tranquillité pour abriter une véritable bataille : quel immeuble arborera les plus belles décorations de Noël ? En cette fin d’année 2015, c’est la misère. Après la démission de Joaquim Levy ministre des finances qui a décidé de claquer la porte, son successeur Nelson Barbosa devra faire ses preuves pour redonner confiance. La dette du Brésil est devenue, d’après les agences S&P et Fitch un « investissement spéculatif ». La consommation des ménages s’effondre. Le taux d’investissement a diminué de 15% sur l’année. Agriculture, industrie et services accusent de forts replis. Et malgré la dévalorisation du real, la devise locale (près de 70% de baisse cette année par rapport au dollar), les investissements étrangers sont paralysés. Le produit intérieur brut devrait plonger de 3,6% cette année et de 2,3% en 2016. Il faut remonter à 1930-1931 pour retrouver deux années consécutives de récession. C’est un cocktail de crise économique, politique et institutionnelle qui explique cette situation. La difficile réélection de Dilma Rousseff à la tête du pays, en octobre 2014 s’est faite à la faveur d’une campagne contre l’austérité fiscale prisée par son adversaire de droite. Un mois après le scrutin pourtant, Dilma Rousseff change son fusil d’épaule et annonce de profondes coupes budgétaires. A ses yeux, il y a urgence : en 2014, le déficit budgétaire a doublé, passant de 3,1% à 6,2%. Un cercle vicieux semble s’être enclenché : le plan de rigueur, conjugué à une succession de hausses des taux d’intérêt à 14,25% fin 2015, un record, même avec une inflation de 9% a précipité l’activité, et mis fin à des années de plein-emploi. Le taux de chômage est passé de 4,7% à 8,9%, obligeant les ménages à cesser de dépenser. Dans un pays où 51,3% des impôts dépendent de la consommation, – contre 34% en moyenne au sein de l’OCDE – l’impact sur les recettes fiscales est dévastateur. Le coup de frein de l’état n’est pas seul responsable. Cela fait 18 mois que le Brésil vit au rythme de l’opération policière Lava-Jato, – littéralement « karcher »- qui a mis au jour des détournements de l’ordre de 10 milliards de reais au cœur de Petrobras, l’entreprise d’hydrocarbures étatique. Les surfacturations se faisaient avec la complicité d’un cartel d’entreprises du bâtiment qui se partageaient les contrats. Fait inédit, la justice a jeté derrière les barreaux des dizaines de politiques et hauts-cadres. Le scandale a bloqué les investissements du secteur pétrolier et du bâtiment, provoquant des faillites en cascade chez leurs fournisseurs. Eduardo Cunha  président du parlement est une des cibles de la police, qui a découvert qu’il détenait l’équivalent de 9 milliards de reais en Suisse. Furieux de ce qu’il interprète comme une action politique, il s’est vengé contre Dilma Rousseff en acceptant une demande de destitution à son encontre. Des députés de l’opposition accusent en effet Dilma Rousseff d’avoir sciemment maquillé les comptes publics de 2014, à la veille de l’élection. Alors que les adversaires de la présidente doivent convaincre les 2/3 du Congrès qu’il faut abréger son mandat, l’hypothèse a la sympathie déclarée de la Fiesp, principale entité patronale, et du vice-président Michel Temer, qui reprendrait son poste jusqu’en 2018. Pour tenir, Dilma Rousseff doit mobiliser sur sa gauche. D’où la nomination aux finances de Nelson Barbosa, un pilier du parti des travailleurs qui combattait, à l’intérieur même du gouvernement- il occupait le portefeuille du Plan et du Budget- la politique d’austérité.


OUZBEKISTAN : 13 millions d’euros de contrat pour Feljas&Masson basée à Laval en France

8 décembre 2015

Ouzbekistan

Spécialisée dans la construction et la réhabilitation d’équipements de captage, pompage et traitement d’eaux, l’entreprise fait son entrée en Asie centrale et plus particulièrement dans la république indépendante de l’Ouzbékistan. Feljas & Masson vient de signer un contrat de 13 millions d’euros en Asie centrale. Fondée en 1962 à Laval et reprise en 2014  par Bernard de Champs, feljas & Masson poursuit sa stratégie de développement avec une ligne directrice inchangée : se positionner sur des appels d’offres internationaux, dans des pays où tout reste à faire, où les concurrents ne sont pas encore présents. En Ouzbékistan, l’entreprise de Laval, vient d’implanter une antenne, avec deux ouzbeks et deux expatriés français. Cette installation d’un établissement permanent fait suite à la signature de ce contrat, qui porte sur la réhabilitation de deux stations de pompage destinées à l’irrigation de champs de coton. Elle doit permettre de décrocher d’autres contrats, à fort potentiel. A ce jour on dénombre plus de 1 500 stations de ce genre. Implantée dans 5 pays étrangers, Feljas & Masson réalise un chiffre d’affaires annuel de 25 millions d’euros.


PEROU : Ollanta Humala exclut de suspendre un projet minier controversé

16 mai 2015

Perou

Ollanta Humala président de l’état du Pérou a exclu vendredi 15 mai 2015 de suspendre un projet de mine de cuivre controversé dans le sud du Pérou et a demandé à l’exploitant de la mine de trouver un compromis. Ollanta Humala a déclaré « On ne peut pas suspendre ce que l’on n’a pas commencé », rappelant que la construction du projet Tia Maria, dans la région d’Arequipa, n’avait pas débuté. « L’état ne peut pas adopter une décision unilatérale en dehors du cadre légal, parce qu’une décision arbitraire l’exposerait à des litiges internationaux », a ajouté le président  Ollanta Humala. « Dans le cas de Tia Maria, le gouvernement ne défend pas des intérêts individuels ou ceux d’une entreprise en particulier, mais bien l’état de droit, la stabilité juridique, la cadre légal du pays et les conditions d’une bonne cohabitation », a précisé Ollanta Humala. Le Pérou, possède d’importantes richesses naturelles dans son sous-sol, est le second producteur de cuivre et le 5e producteur d’or de la planète. Le secteur minier est considéré comme l’un des plus dynamiques et comme le pilier de son économie.


MEXIQUE : Enrique Hernandez candidat de gauche assassiné en pleine campagne électorale

15 mai 2015

Mexique

L’ancien chef d’une milice d’autodéfense au Mexique, candidat de gauche à des élections locales, a été assassiné jeudi 14 mai 2015 en pleine campagne électorale, portant à trois le nombre de candidats tués au cours des trois derniers mois, a déclaré le procureur de l’état du Michoacán. Enrique Hernandez, candidat du parti de gauche Morena à la mairie de Yurécuaro, a été tué par balle en plein centre-ville depuis « un véhicule en mouvement ». Trois personnes, dont l’épouse du candidat, ont été blessées dans l’attaque, a précisé le bureau du procureur par le biais d’ un communiqué. Enrique Hernandez était l’ancien chef d’un groupe d’autodéfense constitué par des paysans qui avaient pris les armes en 2013 à Yurécuaro, ville de 30 000 habitants située à 450 km de Mexico, pour protester contre les extorsions et assassinats perpétrés par les cartels de la drogue dans cette région. Son assassinat est le troisième d’un candidat aux élections locales partielles qui se dérouleront le 7 juin 2015  dans cette région, qui est l’une des plus touchées par la violence liée au trafic de drogue. Le 1er mai 2015, dans l’état de Guerrero, Ulises Fabian Quiroz, candidat du parti révolutionnaire institutionnel -PRI, au pouvoir- à la mairie de Chilapa, avait été assassiné alors qu’il revenait d’une manifestation électorale par un commando bloquant son convoi, l’a fait descendre de voiture avant de le tuer à bout portant. Dans ce même état, un candidat de gauche à la mairie de Ahuacuotzingo avait été enlevé puis assassiné en mars 2015, plusieurs mois après que son épouse eut déjà subi le même sort


URUGUAY : Un navire coulé en 1763 et chargé d’or bientôt sorti des eaux

14 mai 2015

Uruguay

Au large de Montevideo, le « Lord Clive » devrait bientôt sortir des eaux. A bord de ce gallion anglais torpillé en 1763 se trouvent du rhum, du mercure et 100 000 pièces d’or. Equipé de 64 canons et d’une longueur de 50 mètres, c’est depuis 252 années qu’il git au fond du Rio de la Plata, l’estuaire séparant l’Uruguay de l’Argentine : les restes du navire anglais Lord Clive, localisés dès 2004 par le plongeur professionnel argentin Ruben Collado devraient bientôt sortir des eaux grâce à l’obstination d’un chasseur de trésors. Ce gallion de 6 étages avait coulé sous les tirs espagnols lors de la tentative d’invasion anglo-portugaise de 1763. Après un premier feu vert des autorités, retoqué en 2007, ce n’est qu’en février 2015 que Ruben Collado, âgé de plus de 70 ans et passionné d’épaves, a obtenu le droit d’aller repêcher le Lord Clive.  Ruben Collado devra combattre « les eaux troubles et la vitesse des courants ». Celui qui s’autoproclame « le Corsaire du Rio de la Plata » a de l’expérience en la matière, ayant extirpé des eaux une dizaine de navires. Son grand coup d’éclat avait été, dans les années 1990, de repêcher la frégate portugaise Notre-Dame de la Lumière au fond de la baie de Montevideo, avec  « plus d’un million de pesos de l’époque déclarés et 10 fois plus en contrebande » dans ses cales. Un trésor ensuite vendu aux enchères. Avec ses eaux boueuses, ses courants, son vent changeant, le Rio de la Plata est,  devenu au fil des siècles un véritable cimetière de bateaux : au fond de son lit reposerait un millier d’épaves de navires européens. A l’époque coloniale, Montevideo était une escale incontournable pour ceux qui partaient du Pérou vers l’Europe. Beaucoup faisaient naufrage, emportés par les tempêtes, buttant contre des bancs de sable mal cartographiés. Concernant le Lord Clive, englouti face à la ville de Colonia del Sacramento en Uruguay, cité fortifiée à 180 kilomètres à l’ouest de Montevideo, les opérations de sauvetage devraient débuter en août 2015. Mais après son naufrage, les survivants des combats avaient recouvert le bateau de pierres extraites de la muraille de Colonia del Sacramento, pour empêcher son pillage. Pour accéder à ce trésor englouti  à 350 mètres de la côte et à 6 mètres de profondeur, le chasseur de trésors argentin estime qu’il faudra retirer entre 80 et 100 tonnes de pierres. Seconde étape, draguer, autour des restes de l’embarcation, toute la boue accumulée, qui donne justement cette couleur marron à l’immense fleuve. Au terme de ce processus, il faudra creuser des tunnels sous l’épave pour y passer des cordages permettant de relever le bateau. Une grue devrait soulever le navire et l’amener à la terre ferme. L’explorateur argentin n’oublie pas qu’il devra partager ce trésor avec l’état de l’Uruguay, à hauteur de 50%.


PEROU : Projet controversé dans le secteur minier

14 mai 2015

Perou

Le patronat du secteur minier au Pérou demande la suspension temporaire du vaste projet Tia Maria, dans le sud du Pérou suscitant depuis plusieurs mois des protestations ayant fait 3 morts, alors que l’église a proposé jeudi 14 mai 2015 sa médiation. Carlos Galvez président de la société nationale des mines et du pétrole – SNMPE- a déclaré « Nous devons éviter une nouvelle escalade de la violence et déclarer une trêve car aucun projet ne peut s’imposer par la force » en ajoutant « Nous devons prendre au moins 3 à 4 mois pour pouvoir discuter »,  assurant que le groupe Southern Copper, du Mexique conduisant ce projet, est d’accord avec cette proposition. Carlos Galvez précise « Les écologistes disent qu’il n’y a pas eu assez de communication, alors communiquons à nouveau et écartons toutes les inquiétudes que peut avoir la population et que soit démontré que tout a été fait correctement » alors que 1 000 soldats sont déployés depuis lundi 11 mai 2015 dans la province de Islay, où se trouve le chantier, pour contrôler la situation. Pour sa part Miguel Cabrejos, vice président de la conférence épiscopale du Pérou souligne « Le gouvernement doit chercher des interlocuteurs pour que cette trêve soit possible, et s’asseoir pour dialoguer avec les autres acteurs » en proposant ses services de l’église comme médiatrice, si le gouvernement le veut.Les habitants s’opposent à Tia Maria, un projet d’1,4 milliard de dollars, depuis son lancement en 2009, car il pensent qu’il nuirait à l’agriculture locale et à l’environnement. A suivre…


CHILI: La présidente Michelle Bachelet, modifie son gouvernement devant la grogne

10 mai 2015

Chili

Michelle Bachelet, présidente du Chili, mercredi 6 mai 2015 annonçait à la télévision avoir demandé la démission de l’ensemble de ses ministres. Une première dans l’histoire du Chili. 5 jours plus tard, seuls 5 des 23 ministres qui composaient son gouvernement quittent leurs postes, alors que 4 portefeuilles ministériels ont été modifiés. Elue il y a 14 mois avec plus de 60 % des voix, Michelle Bachelet est malmené dans les sondages. 64 % des chiliens estiment qu’elle gère mal les affaires. L’annonce de la composition de ce nouveau cabinet était donc très attendue et le remplacement de Rodrigo Peñalillo, jusqu’à présent ministre de l’intérieur, par Jorge Burgos, ancien ministre de la défense, est un signe fort. Rodrigo Peñalillo était considéré comme le fils spirituel de Michelle Bachelet. Avec Alberto Arenas, débarqué du ministère des finances, il était à l’origine du programme électoral qui a permis à la présidente de s’imposer lors de la présidentielle. Michelle Bachelet se sépare donc de ses deux plus fidèles lieutenants. C’est la première fois depuis le retour de la démocratie au Chili qu’un ministre des finances quitte ses fonctions. Et les défis qui attendent son remplaçant Rodrigo Valdés sont énormes. Avec des indicateurs de croissance inférieurs aux prévisions et un secteur privé délaissé depuis le retour aux affaires de Michelle Bachelet, rétablir la confiance ne sera pas facile. En sacrifiant ses ministres de l’Intérieur et des finances, en plus du porte-parole du gouvernement, Michelle Bachelet s’est séparée de ses plus fidèles collaborateurs, ceux en qui elle a le plus confiance, ceux qui l’ont suivie durant toute la campagne électorale et qui incarnaient le renouveau en politique au Chili. Face à une crise politique sans précédent depuis la fin de l’ère Pinochet, provoquée par des scandales de corruption, Michelle Bachelet essaye de donner à son gouvernement un nouveau souffle. Jorge Burgos nouveau ministre de l’intérieur, démocrate chrétien est ainsi plus au centre que son prédécesseur, plus proche de la vieille garde du centre gauche. Rodrigo Valdès,  nouveau ministre des finances est plus libéral et plus proche du secteur privé. La  présidente Bachelet s’efforce de redorer le blason de la politique, avec des réformes anti-corruption, les nouveaux ministres se devaient d’être purs. A suivre…